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Interview de Daniel Pinatel (12 décembre 2003) |
Daniel
Pinatel, tu viens d'être nommé 7° dan, qu'en pense-tu ? Je ne peux commencer pour exprimer mes sentiments que par des remerciements. Je les adresse d'abord à mes deux professeurs Messieurs BAUDOT et MOREAU qui m'ont enseigné le judo, mais surtout donné envie de continuer dans cette voie. Mes remerciements aussi à tous les judokas que j'ai croisés sur les tatamis qui furent mes partenaires, mes adversaires et bien sûr mes élèves. Beaucoup d'entre eux sont devenus mes amis, c'est grâce à eux et pour eux que j'accepte avec grand plaisir cette distinction. Que t'a apporté le judo ? J'avais à peine 13 ans lorsque je foulai pour la première fois un tatami. Après un bref salut, je me jetai alors dans le combat avec l'élan, l'intrépidité et la témérité qui sont qualités chez un garçon de cet âge. Maintenant, quand je me présente sur le tapis, mes salutations sont plus contrôlées. Elles ne reflètent plus la hâte mais un sentiment de respect pour tout ce qui m'entoure. C'est ce que j'ai appris de mes professeurs qui m'ont enseigné le judo. J'ai appris aussi que les progrès en judo ne sont réalisables que grâce à une compréhension réciproque avec son partenaire. Le sport peut ouvrir les chemins qui conduisent vers cette entente. Bref, avec le judo, j'ai fait connaissance avec le monde et avec moi-même. Que représentent les grades en judo ? Tout d'abord, le grade ne représente pas une valeur d'efficacité absolue. Et d'ailleurs, s'il était une preuve d'efficacité absolue, le 10° dan devrait être 1e plus fort parmi tous 1es judokas, ce qui n'est pas vrai. Les grades ont été établis et sont donnés parce qu'ils représentent une valeur technique et une certaine efficacité, une valeur morale et un degré dans la connaissance profonde du judo. Avant la ceinture noire, il existe des ceintures de couleur, cette période qui va de la ceinture blanche à la ceinture marron est en fait une période d'apprentissage, d'initiation dont le passage des étapes est laissé à l'appréciation du professeur. Du 1° au 5° dan, la ceinture est noire, on entre dans la phase de maturité. Le judoka a acqui un bon niveau de connaissances générales. Il peut tester son niveau en compétition, en arbitrage ou en enseignant lui-même. Le bénéfice de cette progression est essentiellement pour lui-même. A partir du 6° dan, la ceinture est rouge et blanche. On peut estimer que le judoka a fait le tour de la question. Il doit apporter maintenant sa touche personnelle et enrichir le monde du judo de ses propres recherches. Après avoir beaucoup reçu, il doit maintenant donner. Un haut gradé doit donc être un apport à notre culture et laisser des traces sous forme de mémoire écrit, de livres ou de films vidéo. Il ne doit en aucun cas être une source de convoitise pour les prédateurs du pouvoir dont le seul but est de se satisfaire eux-mêmes. Ils sont partout dans notre société, même dans le judo, malgré notre code moral... Quel est ton meilleur souvenir ? Je me souviens très bien du passage de ma ceinture jaune. J'ai réussi ce petit examen technique avec un total de 75 points sur 100 derrière un autre judoka qui lui a obtenu 80 points. Il est aujourd'hui le président du judo club de la Loire. Ensuite du l° au 5° dan, je n'ai pas de souvenir très précis car j'ai obtenu ces grades en compétitions. Le 6° dan, je m'en souviens très bien car c'est Monsieur Bernard MIDAN qui me l'a remis officiellement à Paris en 1986. Mais
le meilleur souvenir que je garde, c'est à l'occasion du 50° anniversaire
du judo club de la Loire. Ce jour là une grande fête fut organisée
à Saint-Etienne. Monsieur MOREAU qui terminait là sa carrière
de professeur du club a offert sa ceinture à un de ses élèves
qui fut le 1° ceinture noire formé au club. Ce kimono, je le porte aujourd'hui, il est encore imprégné de toute sa science et de sa sueur qu'il a accumulées au cours de son existence de judoka. Aujourd'hui, nous sommes lui et moi nommés 7° dan dans la même promotion avec deux autres judokas, Brigitte DEYDIER qui fut 3 fois championne du monde et Monsieur COMBE qui a été directeur le l'INSEP pendant de nombreuses années. Mes deux professeurs sont 7° dan, j'ai toujours marché dans leurs pas, mais je sais très bien qu'il me reste encore un long chemin avant d'arriver à leur côté. Qui est pour toi le champion idéal ? Le japonais INOUE actuellement est très fort. C'est très difficile pour un judoka de maîtriser toutes les qualités techniques, physiques et mentales. Le champion idéal serait celui qui possèderait en même temps le panache d'Angelo PARISI, la force mentale et la détermination de Thierry REY, la science et l'intelligence du combat de David DOUILLET. Ce judoka idéal n'existe pas, la perfection en judo n'est jamais atteinte car nous devons toujours chercher à nous améliorer. Certains se sont rapprochés de cet idéal. Le 24 janvier prochain, au cours de la cérémonie des vux organisée à l'institut national du judo à Paris, j'aimerai beaucoup qu'un grand judoka français me remette ce grade. Il s'appelle Jean-Claude BRONDANI. |
| Daniel PINATEL enseigne à Cannes-Judo, au dojo Fellegara, les lundi et jeudi. Ce cours est ouvert à tous, jeunes et anciens, débutants et ceintures noires dans le but de pratiquer le JUDO-LOISIR. |