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Génèse du JUDO
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Une légende raconte qu'en des temps immémoriaux,
un sage guerrier au pays du soleil levant avait observé lors
d'un hiver rigoureux que les bambous flexibles battus par les vents
se débarrassaient facilement de leur fardeau de neige tandis
que les gros arbres cassaient parfois sous une charge trop importante.
Le guerrier s'inspira de cette observation pour mettre au point une
méthode de défense qui privilégiait la souplesse
par rapport à la force.
Une autre légende veut que tout ait commencé par un vieux médecin chinois qui, faisant une promenade en forêt durant un rude hiver, remarqua comment les fines branches de pin s'inclinaient sous le poids de la neige afin de s'en débarrasser et pouvaient ainsi se redresser sans dommage alors que les branches d'arbres plus robustes cassaient sous le poids. C'est à partir de là qu'il imagina les premières techniques de Ju-jutsu (art de la souplesse) avec ses premiers principes comme l'utilisation de la force de l'adversaire pour la retourner contre lui et le vaincre. |
| Les Samuraïs, grands guerriers
de l'époque féodale au Japon, maîtrisaient non seulement
l'art du sabre, mais pratiquaient également d'autres formes de
combats lorsqu'ils étaient désarmés. Ceux-ci utilisaient
un système d'attaque avec des projections, des contrôles
articulaires, des immobilisations, des strangulations et des coups donnés
aussi bien avec les poings qu'avec les pieds. Ils avaient recours aux
techniques de Ju-jutsu (technique de la souplesse).
Les plus anciens textes connus qui parlent des arts martiaux,
tels que le Kojiki (récit des choses anciennes) et le Nihongi
(ou Nihon Shoki, chronique du Japon), datent du VII° siècle
mais il semble que le Ju-jutsu ait pris réellement forme durant
l'ère Muromachi (fin du XIV° siècle - fin du XVI°
siècle). Le Ju-jutsu occupait une place privilégiée dans cette époque féodale jusqu'en 1868. La restauration de l'empire avec Meiji Mutsu Hito marqua la fin de l'époque médiévale au Japon. Tout ce qui provenait de cette culture (le bon comme le mauvais) allait tomber dans la méprise, puis la négligeance pour être enfin rapidement rejeté. Lorsque Jigoro Kano décida de s'initier aux techniques du Ju-jutsu, vers 1873, il a du mal à trouver un professeur. En tant que futur intellectuel, il est aussi et surtout découragé par ses enseignants qui le dissuadent de perdre du temps pour un art révolu et vulgaire. Il lui en aurait fallu d'avantage pour faire changer d'avis cet adolescent aussi déterminé que chétif et menu, sempiternellement tourmenté et malmené par ses camarades physiquement plus forts que lui. Intelligent, il sait qu'avec le Ju-jutsu, il pourra se défendre et compenser son manque de force naturelle. Le Ju-jutsu pratiqué à l'époque est violent et la force prédomine sur la technique. Se sachant inférieur au point de vue physique, il pense déjà à des techniques beaucoup plus subtiles. Attentif, persévérant, créateur et motivé, il engrange dans les différentes écoles qu'il fréquente un héritage technique considérable complété par des lectures de manuscrits anciens. Jigoro Kano ouvrit sa propre école (le Kodokan) en février 1882 après avoir mit au point sa synthèse qu'il appellera JUDO (la voie de la souplesse) en juin de la même année. Il l'expliqua ainsi : « Pourquoi jappelle ceci Judo au lieu de Ju-jutsu ? Parce ce que jenseigne ce nest pas seulement le Jutsu (art de la pratique). Bien sûr jenseigne le Jutsu, mais cest sur le Do (voie ou principe) que je voudrais insister spécialement. Le Judo Kodokan que jenseigne a, comparé à lancien Ju-jutsu, des visées plus vastes, et différentes en technique, de sorte que je pouvais lui donner un nouveau nom... La seconde raison est celle-ci : lorsque je commençais à enseigner, le Ju-jutsu était tombé en discrédit. Quelques maîtres de Ju-jutsu gagnait leur vie en organisant des troupes composées de leurs disciplines et faisaient des combats dexhibition, pour lesquels lentrée était payante. Dautres allaient jusquà se faire les acteurs de combats entre lutteurs professionnels de sumo et pratiquants de Ju-jutsu. De telles pratiques dégradantes prostituaient un art de combat qui me répugnait ». Le Ju-jutsu des anciennes écoles était toujours basé essentiellement sur la force physique alors que le Kodokan se basait sur des techniques fondées sur les lois de la mécanique. La nouvelle méthode de Jigoro Kano rejetait tout ce qui pouvait représenter un danger : abandon des atemi-waza et développement des katame-waza et nage-waza, mise au point des Ukemi (techniques d'amortissement des chutes sur les tatamis). Il fut également l'inventeur du judogi, vêtement d'entraînement particulièrement adapté pour pratiquer le Judo sans jamais blesser... Les adversaires que rencontraient ses disciples poussèrent Jigoro Kano a développer les techniques au sol. Avec l'aide des maîtres Litsuka, Yamashita et Yoko-Yama, Jigoro Kano codifie une pédagogie du Judo : le Gokio. Le Gokio sera complètement révisé en 1920 par une douzaine des plus grands maîtres et restera inchangé jusqu'à nos jours. Les deux devises du JUDO
Le serment du judoka était celui-ci : Je deviens disciple du JUDO et je jure sur l'honneur
de ne pas en cesser la pratique sans raison importante. |