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Qui est-ce ?
Qui est le monsieur âgé dont la photo figure sur les murs du dojo ? A cette question, beaucoup de pratiquants adultes et quelques enfants répondront : « Monsieur Kano », mais après, une fois que c'est l'inventeur du Judo, ils restent cois. Qui est donc Jigoro Kano ? [au Japon, l'usage veut que le prénom soit cité après le nom, contrairement à l'usage occidental] Il est né en 1860, dans une petite ville, Mikage, située aux environs de Kobe, dans l'ouest du Japon. Ses parents, commerçants aisés, vinrent s'établir à Tokyo en 1871. A 18 ans, élève brillant à l'Université Impériale, il souffre de son apparence physique fragile et des quolibets de ses condisciples. Mais, de caractère fort, il décide d'étudier les arts martiaux et s'inscrit au Tenshin-Yo-Ryu puis au Kito-Ryo où il approfondit le Ju-Jutsu pratiqué à cette époque de manière obsolète, suite à l'occidentalisation débutante du Japon. A 22 ans, il devient professeur de littérature et d'économie au Gakushin (école des Pairs). Il pense à une nouvelle manière d'aborder le Ju-Jutsu, s'appuyant sur un concept : Ethique, Discipline, Esthétique, il veut faire une méthode de développement culturel, physique et moral qu'il appellera « Judo » et il crée son institut qu'il appelle Kodokan, en 1822. A l'origine, son dojo mesure douze tatamis (4 m x 6 m) et il a neuf élèves. Rapidement, ce nombre va augmenter. Actuellement, le Kodokan est un immeuble de huit étages, comprenant plusieurs salles dont une de 1 000 m² d'un seul tenant. C'est aussi le siège de la Fédération Japonaise de Judo. Monsieur Kano fut, tour à tour, directeur du Gakushin, puis Principal de la Haute Ecole Normale du Japon en 1901. Parallèlement, le Judo prenait une extension fulgurante, pénétrant avec le Kendo, l'enseignement universitaire, tandis que Kano Shihan [Shihan pourrait être traduit par Maîtrissime] commençait un cycle de conférences à l'étranger. En 1909, Kano Shihan devenait le premier japonais à être membre du Comité Olympique International. En 1922, il est nommé Pair de l'Empire. En 1938, au retour d'une réunion du C.I.O., il décède sur le bateau, le 4 mai. Son uvre, immense, sera étudiée dans d'autres numéros d'Hajime. Marc Martin. © Cannes-Judo, 1er trimestre 2000 |