Guillaume Boy

est né le 16 février 1985, il a commencé le Judo à 3 ans, il aime le Judo et les études, sa technique favorite est Uchi-Mata. Pour lui, le respect est le principe le plus important du Code Moral.
Inoue Kosei et Ryoko Tamura sont ses judokas préférés...

Jacky, pour Cannes-Judo : Guillaume, sais-tu ce qui s'est passé le 30 juin 1992 ?
Guillaume :
Euh non...
[Je l'aide en lui montrant l'album photos que m'avais aimablement confié son père Jean-Claude quelques jours auparavant] : Ah oui, c'est le jour où j'ai reçu la ceinture jaune et à l'époque ce n'était pas encore Cannes-Judo, c'était l'AS Cannes Judo Kwaï.
[Guillaume feuillette l'album] : Là, c'est à Poitiers, là ce sont les départements, la première compétition que j'ai faite... Là c'est avec Évelyne à Carros, on reconnais Alexis, Quentin qui est revenu depuis... beaucoup d'émotion lâche t-il.

Évelyne a été ton premier professeur...
Oui j'ai commencé avec Évelyne mais il y a eu aussi Patrick en même temps.

Qu'as-tu de plus à Paris par rapport à Cannes ?
La salle est un peu plus grande mais il y a beaucoup plus de monde et le niveau est un peu plus dispatché, il y a plus de confort parce qu'il y a plus de moyens. Ce qui me manquait avant c'était de connaître plus de nouvelles personnes pour essayer de m'adapter. Avant, j'étais limité aux judokas du club et j'avais un Judo adapté à eux mais cela ne suffisait pas au niveau national ! Au niveau inter-région ça allait, bien que chaque région ait sa spécialité. A Paris, toutes les régions sont regroupées et on voit de tout. Souvent en compétition, on venait me chercher les jambes. Ne connaissant pas cela, à chaque fois je me faisais surprendre...
Je suis à côté de l'INSEP où je me rends chaque vendredi. On s'y entraîne fort et ça me permet de « bastonner », d'avoir des sauts d'orgueil, ce qui me forge le mental. Plus tu en prends plein la tête plus tu peux rebondir ensuite pour... leur en mettre aussi plein la tête ! C'est bien d'en prendre mais il faut aussi en donner !
Paris était aussi l'idéal pour concilier le Judo avec les études. Ici, j'aurai dû aller à Nice pour mes études et venir à Cannes pour le Judo. Il y a quand même plus de trente minutes de trajet en train. Là-bas, tout est à côté : j'ai mon appartement, le dojo à dix minutes, l'IUT à Evry est à un quart d'heure. C'est bien.
Je précise aussi que l'on ne fait pas que du Judo ! Les entraîneurs sont très pédagogues, souvent le mercredi soir on fait du footing, j'ai aussi un programme de musculation qui est totalement personnalisé et chaque judoka ne fait pas pareil que les autres. Depuis le début de la saison, j'ai pris quatre kilos de muscles. Je change morphologiquement et mon Judo s'affine, il devient plus pointu, plus ciblé. J'ai un uchi-mata plus aiguisé et j'essaie de trouver des spéciales autour de ça. Je sens que j'ai progressé depuis le début de l'année.

Qu'est-ce qui te manque le plus depuis que tu es parti de Cannes ?
La famille et le club ! Sinon, tout va bien. Ah, j'oubliais, le soleil aussi me manque parce que là-haut, il ne fais pas très souvent beau mais bon, il faut savoir s'adapter parce que l'on ne peut pas tout demander : le soleil, être fort, la réussite. Il faut savoir faire des sacrifices mais je reviens un week-end par mois et pour les vacances et cela me permet de voir mes parents.

Tu n'oublies jamais de venir au club aussi...
Je m'y ressource. Quand je descend ça va mal mais lorsque je remonte, tout va bien. Je suis ici pour une semaine.

Tu as un programme chargé en remontant à Paris ?
J'ai un stage à Bordeaux avec l'équipe de France cela m'aidera à préparer les inter-régions dans deux semaines, ensuite il y aura les championnats de France...

Nous suivrons tout cela avec attention et intérêt...
J'ai fait troisième l'an dernier. Cette fois-ci, j'espère être sur la plus haute marche du podium. Je ne vois pas pourquoi je n'y arriverai pas ! Cela fait longtemps que j'attends ce résultat...

Quels sont tes objectifs pour cette année ?
Mon objectif c'est d'être champion de France parce que cela fait longtemps que j'attends ce titre, puis éventuellement une qualification pour les championnats d'Europe en Slovénie au mois d'août et ensuite les championnats du monde à Budapest au mois de novembre.

Et pour l'avenir ?
Déjà, ce serait d'entrer à l'INSEP l'an prochain pour faire partie de l'élite Seniors et puis être champion du monde Seniors mais cela représente évidemment beaucoup de travail.

Tu penses t'arrêter où ?
Tant que le corps suivra, je continuerai ! Je pense que passé trente-cinq ans ce sera difficile mais j'ai encore le temps, je suis encore jeune !

Patrick dit de toi que tu as réellement toutes les qualités pour devenir un international senior et que c'est à toi d'en profiter. Qu'en penses-tu ?
Si Patrick croit en moi et bien je suis d'accord avec lui et je sais qu'il n'y a qu'avec le travail que l'on va y arriver. Si déjà il croit en moi, c'est déjà bien...

Comment te prépares-tu avant un combat ?
Je bois une gorgée d'eau puis je m'envoie deux ou trois claques, je monte sur le tapis et je ne pense à rien sauf à... gagner !

Est ce que c'est difficile de concilier sport de haut niveau et études ?
On peut y arriver mais n'étant pas un dieu dans les études, j'ai un peu de mal mais j'arrive à m'en sortir, je suis ni dans les premiers, ni dans les derniers, juste dans la moyenne. Il faut être dans une structure et avoir des moyens adaptés sinon ça doit être difficile, surtout si on veut faire des études poussées... Pour l'instant, ça va.

Quel est ton meilleur souvenir dans le Judo ?
Mon meilleur souvenir ? Je pense que c'est quand on m'a remis la ceinture noire au Kwaï lorsque j'étais Cadet première année. Il y a aussi lorsque je suis arrivé au club où j'ai fait mes premiers pas avec Évelyne et Patrick. Finalement, c'est ce qui marque le plus.
Au niveau des compétitions, je n'ai pas fait encore de gros résultats pour connaître de grandes satisfactions...

Ça reste à venir...
J'espère, j'espère...

Est-ce que tu as des mauvais souvenirs ?
Non, aucun !

Qu'est ce qui te plaît dans le Judo ?
C'est surtout le club parce qu'il y a une bonne entente, une bonne ambiance, pour moi c'est comme une deuxième famille, je suis là depuis que je suis tout petit (j'ai commencé à trois ans) et je connais un peu tout le monde. Je prends surtout du plaisir à faire du Judo tout simplement. Il n'y a pas que la compétition, je prends vraiment du plaisir à bouger et à me défouler aussi. Je suis super top...

Te souviens-tu de ta première victoire en compétition ?
Je devais avoir sept ou huit ans, j'étais ceinture jaune. Ce n'était pas vraiment une compétition, Patrick avait organisé un challenge au dojo Fellegara et je l'avais remporté. A l'époque j'étais petit et je ne faisais qu'une seule technique que je faisais à tout le monde. Patrick m'avait remis la récompense et j'étais content !

Et ta première victoire à l'extérieur du club ?
C'était à Sophia Antipolis alors que j'étais poussin. J'avais fait beaucoup de combats et c'était la première compétition difficile que j'ai vraiment faite. J'avais gagné et Patrick était content de moi et disait : « quelle flèche celui-là ! » et depuis, c'est parti, j'y ai pris goût. Je pense que si je n'avais pas réussi mes premières compétitions, peut être je n'aurai pas autant accroché... C'est bien, c'est satisfaisant de gagner !

Il y en a qui peuvent le ressentir différemment...
En effet, il y en a qui attendent les résultats, moi j'en ai eu tout de suite alors je pense que cela m'a servi de tremplin et ça m'a fait accrocher.

Je te remercie, Guillaume et... à bientôt !
Merci

19.02.2004 [photo Y C]