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et reproduit avec l'aimable autorisation du journal

 

Daniel Pinatel : septième dan du bonheur

Sa nomination au grade de septième dan récompense un pédagogue attaché à la beauté
du g
este et de l'esprit. Il vit le judo. Un art que perpétuent ses anciens élèves cannois...

Le célèbre judoka a attendu 60 ans pour être consacré septième dan

Son passé de compétiteur et d'enseignant comblerait n'importe quel judoka. Daniel Pinatel a été international dans les années soixante et a formé une ribambelle de champions de tous niveaux. Certains, sont devenus professeurs, ses héritiers, à l'instar des frères Alain et Patrick Demenech, Walter Cardinali, Joseph et Jean-Pierre Beltrando, Cinto Cunado, etc... Ce grand Monsieur du judo français, toujours actif entre Cannes-Judo, la
ligue P.A.C.A. et le comité des sports de Mougins, a accueilli son septième dan avec une joie de... ceinture jaune !

Votre première réaction à l'annonce de votre nomination ?

« J'ai tout de suite pensé à remercier mes deux professeurs MM Baudot et Moreau.Ils m'ont donné envie de continuer dans la voie du judo. Ma reconnaissance s'adresse à tous les judokas croisés sur les tatamis et à mes élèves. Beaucoup d'entre eux sont devenus mes amis. »

« J'ai fait connaissance avec moi-même »

Que vous a apporté le judo?

« J'ai appris le contrôle et le respect de tout ce qui m'entoure. Je retiens aussi, après 48 ans de judo, que les progrès ne sont réalisables que grâce à une compréhension réciproque avec son partenaire.
Le sport ouvre les chemins qui conduisent vers cette entente. En bref, j'ai fait connaissance avec le monde et surtout avec moi-même. »

Que représentent les grades ?

« Le grade ne constitue pas une valeur d'efficacité absolue. Si c'était le cas, un dixième dan devrait être le plus fort de tous les judokas. Ce n'est pas vrai. Les dans établissent principalement une valeur technique, une connaissance profonde du judo, une certaine efficacité et une valeur morale. »

La ceinture devient rouge et blanche à partir du 6° dan. La raison ?

« Du 1° au 5° dan, la ceinture est noire. On entre dans la phase de maturité. Le judoka a acquis un bon niveau qu'il peut tester en compétition, dans l'arbitrage ou dans l'enseignement. A partir du 6° dan, la ceinture est rouge et blanc car on estime que le judoka a fait le tour de la question. Il doit apporter sa touche personnelle et enrichir le monde du judo de ses propres recherches. »

En 1986, Bemard Midan lui remettait le 6° dan

Votre meilleur souvenir ?

« Je me rappelle du passage de ma ceinture jaune. J'ai réussi ce petit examen technique avec un total de 75 points sur 100 derrière un autre judoka qui a obtenu 80 points. Il est aujourd'hui président du Judo-club de la Loire. Le 6° dan m'a également marqué.
C'est Bemard Midan qui me l'a remis officiellement en 1986 à Paris. Je crois bien que mon plus beau souvenir fut le 50° anniversaire du Judo-club de la Loire. Une grande fête a été organisée à Saint-Étienne. M. Moreau terminait sa carrière de professeur et il m'a offert son kimono étant le 1° ceinture noire formé au club. J'ai ressenti une immense fierté. »

Le champion idéal ?

« Le Japonais Inoue est actuellement très fort. C'est difficile cependant pour un judoka, de maîtriser toutes les qualités techniques, physiques et mentales. Le champion idéal posséderait le panache d'Angelo Parisi, la force mentale de Thierry Rey et l'intelligence de combat de David Douillet. »

Quand vous remettra-t-on officilellement le 7° dan ?

« Le 24 janvier à Paris au cours de la cérémonie des vœux organisée à l'institut national du judo à Paris. J'aimerai qu'un grand judoka français me remette ce grade : Jean-Claude Brondani. »

Alain GEORGE.

Samedi 17 janvier 2004