|
article paru dans et reproduit avec l'aimable autorisation du journal |
|
Marc Martin atteint les sommets
Le judoka cannois
est nommé ceinture noire septième dan. Les destinées tiennent à peu de chose. Adolescent, Marc Martin était sur le point d'arrêter le Judo après deux ans de conflits avec son premier professeur quand... « Un copain m'a incité à rejoindre un autre enseignant, » se rappelle celui qui est devenu une référence sur les tatamis azuréens. Le conseil était judicieux. Marc Martin, grand spécialiste français des katas et nouvellement promu au grade de ceinture-nolre septième dan par la Fédération Française de Judo, ne regrette nullement la rencontre qui a fait basculer sa vie dans un club parisien : « J'ai découvert Guy Pelletier, un pédagogue extraordinaire. Il m'a inculqué les valeurs morales du judo. Une des seules discipline, issues d'une tradition historique. Le judo et l'escrime par exemple, sont inspirés d'un esprit de chevalerie. » Champion de France en 1961 Avant de le laisser nous entraîner vers des conceptions philosophiques, on demande au maître de revenir sur ' sa carrière. « Depuis le début des années 50 à aujourd'hui, je n'ai jamais airrêté de m'entraîner. J'étais un bon compétiteur, sans plus. J'ai enlevé le championnat de France par équipes en 1961 avec le Judo-club de Saint-Martin. Les victoires en combat sont anecdotiques. J'accorde plus d'importance aux rencontres qui ont influencé ma vie. » Des professeurs de renom. Dans l'ordre chronologique, on retrouve... « Guy Pelletier qui à 84 ans et huit «dans» autour de la ceinture, continue à diriger les cours. C'est mon maître et il le restera jusqu'à la fin. J'ai d'ailleurs demandé à ce qu'il me remette en personne le 7è dan le samedi 22 janvier à Paris lors de la traditionnelle cérémonie des voeux de la Fédération Française de Judo. » « Pinatel ? Un Mozart du judo » La carrière professionnelle - représentant commercial - de ce grand moustachu, l'a conduit sur le chemin de Daniel Pinatel en septembre 1969. Marc se rappelle comme si c'était hier : « Daniel s'installait à Cannes après une carrière de compétiteur. J'ai eu l'honneur d'assister ce Mozart du judo. Il est tombé dedans étant petit. » La collaboration continue encore au sein de Cannes Judo « Un des seuls club en France qui comptent trois septième dan (Roméo Degioannini et Daniel Pinatel le sont également et une ceinture noire sixième dan qui n'est autre que le président Robert Tendil. » Le véritable Maître s'appelle Abe Ichiro Des ceintures rouge et blanche qui seront certainement rejointes en 2005 par Evelyne Ormand, candidate au titre de Maître. Cette appellation donne le sourire à Marc Martin : « Guy Pelletier m'a appris le judo et le regretté Bernard Midan l'art de l'enseigner mais je pense que le véritable Maître s'appelle Abe Ichiro. Il est 9è dan et, à 81 ans, il est le responsable du Kodokan de Tokyo, la Mecque du judo mondial. ». Nous voilà parvenus au sommet de la pyramide. Pour la petite histoire, le maître nippon a formé Guy Pelletier, le mentor du philosophe cannois apparemment très respectueux de la hiérarchie et du grade auquel il accède : « Je suis ému. Ce septième dan représente la consécration de toute ma carrière sportive. Je dirais même de toute ma vie puisque le judo l'a influencée. » Plusieurs séjours au Japon Le « Samuraï cannois » n'a pas hésité à se ressourcer à plusieurs reprises au berceau du judo : le Japon. « J'ai effectué des stages pour mieux assimiler l'esprit du judo et développer ma culture. Je prends parallèlement des cours de Japonais à Cannes. » C'est en Français que cet ancien arbitre international anime les cours de katas au niveau départemental et à Cannes Judo. Et c'est toujours dans notre chère langue qu'il livre le mot de la fin : « l'important, ce n'est pas, qui fait la chose mais que les choses soient faites. » Maté (stop en Japonais) et rendez-vous au huitième dan ! Alain George. Mercredi 15 décembre 2004 |