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et reproduit avec l'aimable autorisation du journal

Demain à Paris : un Boy
dans la cour des grands


Guillaume Boy immobilise la jolie Emilie
sans grande difficulté. Photo AG.

Le judoka cannois Guillaume Boy disputera ses premiers championnats de France Seniors
alors qu'il n'est que junior deuxième année. Une étonnante précocité.


International cadet et junior, Guillaume Boy n'a pas attendu de passer le cap des vingt ans pour confirmer pour confirmer chez les Seniors. Aussi pressé dans la vie que sur les tatamis, le Cannois (18 ans) est qualifié pour les phases finales des championnats de France seniors programmées demain à Paris.

Le « Kid » de Cannes-Judo n'a peur de rien

L'aboutisdsement d'une saison en tout point exemplaire. Le kid de Cannes-Judo revient sur ses performances : « Le déclic s'est produit en septembre. J'ai remporté un tournoi international à Nîmes. Après, tout s'est enchaîné très vite. Champion interrégional junior à Paris, troisième aux finales nationales en étant volé, j'ai réussi presque le même parcours chez les seniors. C'est à dire j'ai fini deuxième aux championnats régionaux, deuxième au interrégionaux et dimanche, je retrouverai le temple du Judo français : le mythique gymnase Coubertin à Paris. » Guillaume abordera les championnats de France seniors sans complexe.

Il n'est que junior deuxième année et... « Tout ce que je peux prendre sera du bonus. Si je perds, je me consolerai en pensant que j'ai encore de nombreuses années pour me rattraper ». Le ton manque de conviction. Guillaume est un conquérant qui n'aime pas perdre.

Demenech : « sur un pied, Guillaume continuerait à se battre »

D'après son entraîneur Patrick Demenech : « sa principale force est son mental. J'ai rarement vu un combattant aussi doué, volontaire et déterminé. On lui couperait les deux bras et une jambe, il continuerait à sa battre sur l'autre. »

Laissons-lui au moins sa langue pour annoncer ses objectifs dans la cour des grands : « Je me sens en super forme après un stage à l'I.N.S.E.P. Personnellement, je crois que tout est possible. Je n'aime pas me fixer de limites. Il faut cependant admettre que chez les seniors, ce sera du haut niveau, surtout physiquement. Si je passe quelques tours, je serai déjà content. » Guillaume risque de croiser dans la catégorie des moins de 66 kg, son camarade de club, Éric Poujeol (l'autre Cannois Jérôme Tinarelli évoluera en moins de 90 kg).

Un problème qu'il écarte d'un balayage : « Logiquement, nous serons dans un tableau différent. Si nous nous retrouvons, ce serait en finale et là, je n'y crois pas beaucoup [rires]. » Drôle et sympa, le « Kid » brille sur tous les fronts.

Il passera très bientôt un bac S.T.I. avec certainement une mention à la clé. Là encore, il enchaîne : « La clé ? Je la garde pour mes adversaires » lance-t-il dans un grand éclat de rires.

Ce petit-fils de colons britanniques n'aime pas se prendre au sérieux. Il use la dérision. « C'est ma façon d'évacuer le stress, d'avoir du recul sur les événements afin de mieux les aborder. » Celui de demain ne l'effraie pas. Il a pour effet de le stimuler davantage.

En fin d'interview, Guillaume se lâche et donne du lest à ses ambitions : « si je réussis à me classer dans les sept premiers tout en étant junior deuxième année, je serai sur les tablettes des sélectionneurs nationaux. » En clair, il intègrerait un circuit susceptible de l'amener à préparer les grands rendez-vous internationaux...

Alain GEORGE.

Samedi 24 mai 2003